
Podcast : En quête de savoirs
3 juillet 2026
10 septembre 2025
Calvados (14) – Caen
Entretien avec : Eden Jean-Marie
Fonction : Chargé d’innovation pédagogique

Le texte présente l’histoire et les activités de Tempta, une structure d’Évreux passé d’association à SCOP, qui agit dans l’accompagnement, la formation et l’innovation pédagogique autour du numérique et de la reconnaissance. Il explique comment l’équipe a découvert les open badges et la reconnaissance non formelle, puis a commencé à les utiliser avec ses publics et à les diffuser à des professionnels. Le récit insiste sur l’idée que la reconnaissance ne doit pas dépendre seulement des diplômes, mais aussi des expériences, compétences et engagements vécus. Il montre que la reconnaissance ouverte va plus loin encore, en donnant à chacun la possibilité de reconnaître et de se reconnaître soi-même. Le texte développe ensuite l’importance de l’utilité concrète d’un badge, qui doit ouvrir des portes, donner accès à des ressources ou faciliter un parcours. Il souligne également que la valeur d’un badge dépend de son écosystème, du territoire où il est reconnu et des acteurs qui s’y engagent. L’exemple d’un jeune suivi en accompagnement illustre comment des compétences informelles, visibles sur les réseaux sociaux ou dans des pratiques créatives, peuvent être décisives. Enfin, le texte raconte la création de collectifs comme Badgeons la Normandie et la montée en puissance d’un réseau de lieux de la reconnaissance. L’objectif est de mailler le territoire pour rendre la démarche plus accessible, plus durable et moins dépendante de quelques personnes. Au fond, le texte défend une vision politique et pragmatique de la reconnaissance, centrée sur le pouvoir d’agir des personnes.
Chapitre 1 : Présentation de Tempta et de ses activités
Eden Jean Marie présente Tempta, ancienne structure associative devenue SCOP, et son évolution depuis Évreux vers une activité régionale puis nationale sur certains sujets. Il détaille les quatre entités du groupe, leurs missions respectives, ainsi que les publics accompagnés, des actifs en questionnement aux bénéficiaires du RSA et aux structures professionnelles. Cette entrée en matière pose le cadre organisationnel et territorial de l’intervention.
Chapitre 2 : Valeurs coopératives et arrivée des open badges
La discussion revient sur les valeurs fondatrices de la structure, notamment le droit à l’erreur, la congruence et le développement du pouvoir d’agir. Eden retrace ensuite l’arrivée des open badges en Normandie vers 2016-2017, dans un contexte d’acculturation parfois difficile auprès des enseignants. L’adoption rapide par son équipe a conduit à des expérimentations internes puis à des actions de diffusion et de formation.
Chapitre 3 : Naissance d’un écosystème normand de reconnaissance
Le récit s’élargit à la structuration d’un collectif informel, Badgeons la Normandie, rassemblant des acteurs variés autour des premiers usages des badges. Eden explique comment l’entrée dans le catalogue Carif-Oref a permis de multiplier les séances de formation et d’essayer la démarche. Il évoque également l’intérêt croissant du Conseil régional de Normandie, qui conduit à une co-construction de badges territoriaux.
Chapitre 4 : Reconnaissance ouverte et reconnaissance non formelle
Eden définit la reconnaissance ouverte comme une démarche militante visant à partager le pouvoir de reconnaître et à redonner aux personnes la maîtrise de leur reconnaissance numérique. Il distingue clairement cette notion de la reconnaissance non formelle, qu’il juge plus accessible pour amorcer un changement de paradigme en la dépendant de la reconnaissance formelle. L’exemple de badges permettant d’entrer en formation sans test d’entrée illustre cette articulation progressive entre les deux logiques.
Chapitre 5 : Un exemple concret de révélation des compétences
À travers le cas d’un jeune homme valorisant sa musique et sa création de vêtements sur Instagram, Eden montre comment la reconnaissance non formelle peut faire émerger des compétences invisibles dans un CV classique. L’échange de confiance et l’usage d’un support numérique permettent de révéler des atouts transférables vers le monde du travail. L’open badge devient alors un outil de réflexivité, de valorisation et d’ouverture vers des opportunités concrètes.
Chapitre 6 : Diffusion territoriale et alliances de travail
La mise en œuvre de la repos sur la démarche de formation des professionnels et sur la constitution d’un réseau d’acteurs capables d’intégrer les badges dans leurs pratiques. Eden souligne le rôle des agences d’intérim, qui utilisent ces outils pour enrichir leurs recrutements et structurer des communautés de candidats. Un exemple de co-construction entre une agence d’intérim et un centre de formation FLE montre comment les badges peuvent favoriser des alliances de travail utiles sur un territoire.
Chapitre 7 : Le réseau des Lieux de la Reco et sa logique de maillage
Gilles recentre l’échange sur le projet des lieux de la Reco, issu du projet Activateur de potentiel, et Eden en expose les objectifs. Le premier est territorial : mailler le territoire pour rendre la démarche accessible aux professionnels comme aux publics, au plus près des besoins locaux. Le second consiste à diffuser une culture commune de la reconnaissance, tandis que le troisième vise à pérenniser cette pratique au sein des structures dépendant des personnes qui l’animent.
Chapitre 8 : Déploiement normand et perspective nationale
Eden décrit l’organisation actuelle du réseau en Normandie, avec des déclinaisons régionales, départementales et désormais locales ou par bassin d’emploi. Il compare ce fonctionnement à une forme de « monnaie locale » de la reconnaissance, dont la valeur dépend du périmètre et de l’adhésion des acteurs concernés. La conclusion s’ouvre sur l’ambition d’un déploiement plus large, à l’échelle nationale et outre-mer, avec des lieux identifiés comme points d’entrée pour comprendre et utiliser la reconnaissance non formelle.

