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Calvados (14) – Caen
Entretien avec Eden Jean-Marie, chargé d’innovation
Partie 2/2

Ecoutez l’entretien :
CC Nc By Potentiels Jeunes
La discussion revient sur le temps long nécessaire au déploiement de la reconnaissance ouverte, expliqué d’abord par la difficulté à stabiliser les interlocuteurs dans les structures et, ensuite, par l’effort de formation et d’appropriation requis pour que la démarche s’ancre durablement dans les pratiques. Eden Jean Marie retrace ensuite les projets de territoire qui ont notamment structuré cette dynamique en Normandie,
Territoire partagé et Activateur de potentiel, menés dans des contextes différents mais avec une même ambition : diffuser les open badges, co-construire des parcours de reconnaissance et créer des badges partagés entre plusieurs structures d’un même bassin d’emploi. Il décrit les expérimentations réalisées sur le terrain, comme les comités de la reconnaissance, la formation de conseillers numériques, l’émergence des lieux de la Reco pour toucher des publics invisibles, ainsi que des prototypes concrets comme les minimaps, conçus pour rendre lisibles des parcours de territoire et montrer qu’une même étape peut être validée dans des contextes différents, de la soupe populaire au Greta en passant par la banque alimentaire. L’échange insiste aussi sur le caractère fondateur de ces projets financés sur plusieurs années, qui ont permis de tester, documenter et capitaliser des hypothèses, en consortium et avec un comité scientifique, tout en révélant les écarts entre les principes imaginés et les réalités locales. Enfin, Eden Jean Marie explique que la valeur d’un badge dépend à la fois de son usage, de l’audience qui le reconnaît, des portes qu’il ouvre concrètement et du niveau de singularisation qu’il permet, depuis le badge auto-déclaratif jusqu’au badge endossé et recommandé ; l’enjeu n’est donc pas seulement technique, mais surtout collectif, territorial et stratégique, afin de créer un référentiel commun, un langage partagé et des opportunités réelles pour les personnes reconnues.
Chapitre 1 : Les freins à l’essaimage de la reconnaissance ouverte
Le début de l’échange pose le contexte d’un travail de longue haleine, engagé depuis plusieurs années, et explique pourquoi l’adoption de la reconnaissance ouverte avance par à-coups. Eden Jean Marie souligne deux difficultés majeures : le renouvellement fréquent des interlocuteurs et le temps nécessaire pour former les acteurs à des concepts et outils encore peu stabilisés dans les pratiques.
Chapitre 2 : Les projets territoriaux comme laboratoires d’expérimentation
La discussion revient sur les projets “Territoire partagé” et “Activateur de potentiel”, présentés comme des démarches territoriales comparables visant à diffuser la reconnaissance non formelle. Eden Jean Marie décrit des expérimentations concrètes : comités de la reconnaissance, formation d’acteurs locaux, prototypage des lieux de la Reco et tests auprès de publics dits invisibles.
Chapitre 3 : Minimaps, parcours de reconnaissance et co-construction des badges
Le projet Activateur de potentiel est détaillé à travers l’outil des Minimaps, conçu pour rendre lisibles des parcours territoriaux et relier des badges à des étapes d’expérience. L’accent est mis sur la co-construction avec les structures et les usagers, afin de créer des badges utiles, ancrés dans des situations réelles et porteurs de débouchés vers l’emploi ou la formation.
Chapitre 4 : Un financement structurant et un consortium de partenaires
Eden Jean Marie explique que le projet a été fondateur grâce à des moyens réels sur trois ans, permettant à la fois le développement technique et l’animation de terrain. Le consortium, associé à un comité scientifique, a donné un cadre solide pour tester les hypothèses, prendre du recul et capitaliser sur les réussites comme sur les erreurs.
Chapitre 5 : La construction d’écosystèmes locaux de badges
L’entretien s’élargit à l’essaimage des collectifs autour des open badges en Normandie, avec des dynamiques à l’échelle régionale, départementale et des bassins d’emploi. Eden Jean Marie insiste sur la nécessité de délimiter un périmètre de reconnaissance clair, comparable à une monnaie locale, pour que le badge ait une valeur partagée.
Chapitre 6 : Valeur, utilité et singularité du badge
La valeur d’un badge dépend selon lui de son audience, de son utilité concrète et des portes qu’il peut ouvrir sur un territoire. Il souligne aussi la dimension de singularisation : un badge documenté par chaque personne devient unique, car il reflète à la fois l’expérience vécue et la manière dont elle a été racontée.
Chapitre 7 : Les niveaux de reconnaissance et leurs effets
Eden Jean Marie décrit une gradation entre selfie badge, badge remis automatiquement, badge demandé puis validé, et badge endossé ou recommandé. Plus le badge est lié à une preuve, à une validation contextualisée et à des recommandations externes, plus sa valeur perçue augmente dans l’écosystème.
Chapitre 8 : Du badge-objet à un parcours de montée en compétences
La logique idéale est celle d’un badge conçu collectivement à l’échelle d’un territoire et pensé comme point de départ d’un parcours, plutôt que comme finalité. L’enjeu est d’aider la personne à constituer progressivement son propre “trousseau” de clés, grâce à des critères partagés, un référentiel local et une gouvernance claire des rôles.
Chapitre 9 : Conditions de réussite et rôle central du collectif
La mise en œuvre de badges demande surtout de l’appropriation collective, plus que de la technicité numérique. Eden Jean Marie insiste sur l’importance d’éviter l’isolement, de s’appuyer sur une direction soutenante et de constituer un groupe d’acteurs capables de co-définir les usages, les critères et les responsabilités sur le territoire.




