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Seine-Maritime (76) – Rouen
Entretien avec Ghislain Laloup, ingénieur pédagogique
Partie 2/2

Ecoutez l’entretien :
CC Nc By Potentiels Jeunes
Ghislain Laloup revient sur la démarche d’Open Badges construite autour de projets pédagogiques concrets et d’activités périphériques, notamment avec Co’Lanta SST, un dispositif mêlant escape game, jeux de rôle, réalité virtuelle, ateliers thématiques et jeu de société pour traiter les principes généraux de prévention, les risques machines, chimiques, psychosociaux, sonores, l’alimentation, les TMS et l’initiation au rôle d’ambassadeur. Les badges ont aussi été travaillés en parallèle dans des cours de culture numérique afin d’en expliquer le sens, d’apprendre aux jeunes à les endosser, à constituer un portfolio et à comprendre la logique de reconnaissance; environ une centaine de badges ont été obtenus, mais avec des résultats contrastés selon les publics et un retour d’expérience montrant qu’il faut plutôt attribuer les badges à chaud que trop tardivement. Il insiste sur le fait que le badge doit répondre à un besoin réel du bénéficiaire, sans contrainte, et qu’il fonctionne mieux quand il est perçu comme une reconnaissance utile, une distinction ou un service offert, même si tous n’en voient pas immédiatement l’intérêt. Il explique que l’adhésion varie selon les filières et la culture de groupe: les maçons ont moins accroché, les couvreurs ont été très réceptifs au jeu, tandis qu’un menuisier demande encore des badges pour compléter son ensemble de preuves. L’établissement envisage désormais de nouveaux badges liés à l’engagement environnemental et aux dynamiques de RSO à partir de septembre 2026, ainsi qu’un projet croisé avec Média Formation où ses jeunes visiteront les ateliers, communiqueront sur leur passion du métier et pourront être reconnus pour leur capacité à transmettre et à susciter l’intérêt. Ghislain défend une vision très claire de l’Open Badge comme outil de reconnaissance volontaire, ancré dans un vrai alignement pédagogique entre objectifs, activité, évaluation et preuves, à concevoir avec tous les acteurs concernés dans une logique de confiance, de transparence et de mode projet. Pour lui, la valeur d’un badge vient moins d’un QCM ou d’une simple capture d’écran que d’un récit réflexif permettant à la personne de se raconter, de montrer comment elle agit, apprend et partage son expérience; c’est cette dimension narrative, formative et collective qu’il cherche à renforcer dans ses collaborations avec la région, les CFA innovants et Média Formation.
Chapitre 1 : Contexte et mise en place des ateliers de reconnaissance
Ghislain Laloup revient sur le projet Co’Lanta SST, construit autour d’ateliers ludiques sur la prévention des risques, l’alimentation, les TMS, les risques psychosociaux, les addictions et le son. Les Open Badges y sont adossés comme outil de reconnaissance, avec un travail préparatoire mené en culture numérique pour familiariser les jeunes au fonctionnement des badges. Il explique que la première année a produit des résultats limités, mais a permis d’installer une première version du dispositif.
Chapitre 2 : Réception des badges par les jeunes et ajustements pédagogiques
L’échange porte sur la manière dont les jeunes perçoivent les badges, entre simple récompense de jeu et véritable reconnaissance de compétences ou d’expériences. Ghislain souligne que l’adhésion varie selon les publics et les métiers, avec des différences nettes entre maçons, couvreurs et menuisiers. Il en tire des ajustements concrets, notamment sur le bon moment pour délivrer les badges et sur la nécessité d’adapter le discours selon les motivations des apprenants.
Chapitre 3 : Extension progressive des badges à d’autres activités
Le projet s’étend aux cours de culture numérique et à certaines activités de soirée, considérées comme invisibles dans le programme de formation mais pourtant formatrices. Ghislain évoque également une future initiative autour du RSO et de l’engagement des jeunes, avec une collection de badges à construire. Un autre projet est en cours avec Média Formation, centré sur la passion du métier et la communication entre publics différents.
Chapitre 4 : Positionnement institutionnel et limites des badges régionaux
Ghislain précise que l’établissement lui laisse une grande autonomie sur les badges, qu’il considère comme un outil périphérique plus utile à la promotion et à la reconnaissance. Il explique en revanche ne pas adhérer aux badges régionaux lorsqu’ils portent sur des compétences déjà inscrites dans les référentiels diplômants. Pour lui, ces badges ont davantage de sens dans des contextes d’éducation populaire ou auprès de publics qui n’ont pas accès à la reconnaissance formelle.
Chapitre 5 : Principes de conception d’un badge pertinent
Ghislain développe sa vision méthodologique : un badge doit clarifier ce qui est reconnu et sur quelles preuves, dans une logique d’alignement pédagogique. Il insiste sur la construction collective avec les acteurs concernés, au sein même du projet, plutôt qu’en périphérie. La confiance, la transparence et l’identification claire des enjeux pour le bénéficiaire, l’organisation et les partenaires sont présentées comme des conditions essentielles.
Chapitre 6 : La valeur réflexive du badge et la narration de l’expérience
La discussion se concentre sur la dimension réflexive des badges, qui doivent permettre à la personne de raconter son expérience et de choisir les preuves qu’elle apporte. Ghislain valorise les badges fondés sur le récit plutôt que sur de simples QCM ou captures d’écran, car ils montrent comment l’apprenant mobilise réellement ses compétences. Il conclut que la plateforme et l’accompagnement doivent aider la personne à se définir et à faire reconnaître ce qu’elle sait faire, en particulier dans un contexte de réinsertion ou de valorisation professionnelle.




